vendredi 8 avril 2016

BOURSE, TRADING, VOLATILITE ET RENTABILITE

Voici  un  billet  de  CARMIGNAC  publié  en  juillet  2015.
Il m'apparait être en ne pas plus d'actualité.


La gestion des risques de marché dans une telle période de transitions tous azimuts est aussi essentielle que complexe 


 
Elle est essentielle parce qu’elle touche à des enjeux qui détermineront des gagnants et des perdants majeurs à long terme. L’erreur serait de donner une si grande priorité à la réduction maximum de la volatilité de court terme, que les enjeux de long terme en seraient négligés. 




Pour ce qui nous concerne, il nous semble par exemple essentiel de continuer de nous positionner, au plan géographique, sur des entreprises qui sauront profiter de l’ampleur des réformes entreprises par l’économie chinoise. Autre exemple, au plan sectoriel, avec une logique typique dans le monde de l’Internet du « winners take all » des opportunités historiques pour quelques grands gagnants du secteur doivent aussi être saisies. Nous continuerons de renforcer nos efforts pour être capable d’identifier et capter mieux que jamais les grandes tendances clé pour l’avenir.

 

Mais la gestion des risques est aussi très délicate. Elle requiert de bien distinguer ce qui est risque effectif, c’est-à-dire la possibilité de subir des pertes « permanentes », de ce qui est volatilité, c’est-à-dire la succession de fluctuations qui testent le sang-froid d’un gérant mais ne sont au final qu’écume. La pression des besoins de désendettement des Etats, les limites de l’action des banques centrales déjà très sollicitées, et le carcan des réglementations autour du secteur bancaire ont affaibli les traditionnels amortisseurs de volatilité. Tandis que la coïncidence des grandes transitions évoquées plus haut renforce l’instabilité intrinsèque des marchés. 

 

Par conséquent, l’ère qui s’ouvre va exiger de tolérer un plus grand niveau de volatilité, tout en étant plus discipliné que jamais dans la gestion des risques, afin de pouvoir sereinement capter les véritables potentiels de gain à long terme. L’emploi de procédés simples dans leurs concepts mais techniques dans leur mise en œuvre sera un facteur de réussite décisif. Il s’agira par exemple de la maitrise de la gestion Long-Short, permettant de générer de l’alpha avec peu de risque de marché, les positionnements dits « barbell », c’est-à-dire équilibrés entre d’une part des convictions fortes mais volatiles et d’autre part des actifs peu performants mais très stables, la sélection d’actifs très décorrélés, les stratégies relatives sur différents niveaux de la courbe des taux d’intérêt, l’emploi de stratégies de diversification sur les changes, etc. 


 

L’anthropologie comme l’histoire des crises économiques nous enseignent que les grandes périodes de transition ont toujours été des malédictions pour certains et des opportunités historiques pour d’autres. La première des conditions pour espérer compter parmi les seconds est d’utiliser sa lucidité pour évoluer, s’adapter, se renforcer et regarder de façon positive, sans a priori, l’univers des possibles qui s’ouvre.

 
La leçon vaut pour les gouvernements, d’Athènes à Bruxelles, comme de Washington à Tokyo, de Moscou à Pékin. Elle vaut aussi pour les investisseurs.


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